La JOURNEE du 27 MAI 1944 à MARSEILLE

 

Consolidated B-24

La JOURNEE du 27 MAI 1944 à MARSEILLE

Racontée par Marie PEBRE, née le 18 novembre 1926

Q  :De quoi vous rappelez –vous, Madame ?

«  Moi je suis partie le matin pour aller livrer des fleurs à 2 fleuristes différents : un au bas de la rue de Rome, vers Castellane, et prendre mon tram le 54 pour aller livrer la suite rue de la République juste après la place Sadi Carnot à un magasin qui s’appelait « Aux Glycines ».

Après çà, avec mes couffins vides, je suis allée au Boulevard Salvator à un cours commercial ; mais pour ne pas aller au cours avec mes couffins , je les laissais au magasin de vannerie, rempailleur de chaises et autres, qui était juste avant au 22 ou 24 bd Salvator, puis je suis allée en cours. Et pendant le cours les sirènes ont sonné pour l’alerte. Alors on nous a fait partir.   Je suis descendue par le bd Salvator, puis la rue de Rome pour rentrer à la maison ; puis les bombes ont commencé à tomber. Alors je me suis arrêtée chez une cousine de mes parents, qui habitait 90 rue Edmond Rostand à l’entresol et là je suis restée chez elle. On s’est mises assises sur son lit en ayant fermé les volets de la chambre. Elle était avec sa nièce qui avait un bébé de presqu’un an ; et on a entendu tomber les bombes…le mouvement d’air a fait ouvrir les volets et après, çà faisait comme de la fumée. Puis les sirènes ont sonné la fin de l’alerte.

Alors je suis partie, j’ai monté la rue Falque ou Fortuné vers la rue Paradis, j’ai filé la rue pour venir vers St Giniez. Arrivée vers Daumier, j’ai voulu descendre pour aller voir ce qui se passait chez mes tantes qui habitaient rue de Cluny, rue du Chalet ; mais quand je suis arrivée presqu’à l’angle de la rue de Cluny, j’ai vu que l’établissement scolaire où j’avais fait mes classes, qui s’appelait «Pensionnat Cluny », j’ai vu que le bâtiment principal était à moitié démoli par les bombes tombées dessus. C’était réquisitionné. Il y avait encore des élèves dans l’établissement, mais une partie était réquisitionnée par les Allemands. Mais il faut reconnaitre qu’ils avaient été corrects, ils avaient fait descendre les religieuses et les élèves dans les caves ….et les morts (ici) çà n’a était que des Allemands. Quand je suis arrivée rue de Cluny , je sonne à la porte sur la rue, çà ne répondait pas .Je ne sais pas si çà sonnait, parce que peut être le courant était coupé. J’ai contourné pour passer rue du Chalet, où au bout il y avait le jardin de la maison où habitaient mon oncle, sa femme et leurs enfants. Au fond vers le portail, donc près de la rue étaient assises sur des chaises mes tantes et deux des enfants ; et ici ….j’ai un peu craqué de voir que mon pensionnat où j’avais appris à lire et écrire était en partie démoli. Je suis restée un moment, puis j’ai pris la rue Mermoz, qui à ce moment là s’appelait le chemin de l’éperon. A la hauteur du bd du Parc, de la rue Rodoccanachi, il y avait autrefois des arènes et dans les arènes il y a toujours des tunnels pour faire sortir les taureaux ;il y avaient des bombes tombées là…mais quand j’y arrivais on sortait des cadavres. Parmi ceux-ci, il y avait entre autre un père et son fils, la maman et les sœurs étaient restées dans la villa sur le Prado (qui elle n’a pas été touchée), parce qu’ils préparaient le repas de fiançailles d’une des filles et les fleurs, arrivées pour les fiançailles ont servi pour l’enterrement du père et de fils.

Puis je suis arrivée à la maison où là il n’y avait pas eu de dégâts…………mais après c’est flou, je ne saurai pas dire. »

Q : vous rappelez-vous quel Jour de la semaine c’était ?

« Non, je ne me souviens pas du jour, mais un jour de semaine

Q : Et de l’Heure  où les bombes ont commencé à tomber ?

«  çà devait faire vers les 10 -11 heures. Oui vers 10h30, mais dans les archives de la ville on doit le trouver ! »

***

 Témoignage recueilli spontanément à l’évocation du 70 ème anniversaire.

le 21 MAI 2014 par Françoise Vilarel

130527-bombardement-1944-carte

 

marseille sous les bombes

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1 commentaire

  1. Merci de ce témoignage…
    Pour les plus jeunes, comme moi qui n’ont pas vécu cela, il semble important d’avoir des témoignages de ces moments, tant que cela est encore possible. ….
    Il faut que je demande à mes parents de raconter leurs souvenirs de cette période et je vous en ferais profiter. Alors rendez-vous est pris.

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